Financement de la cyber en France

Le financement de la cyber en France : quels enjeux ?

Les États-Unis, Israël et le Royaume-Uni monopolisent le secteur de la cybersécurité, via des start-up ambitieuses qui choisissent spontanément des stratégies mondialisées. Le financement dans ces pays génère des montants importants. Si la projection est globale dans les trois zones géographiques précédemment citées, la France a une démarche moins ambitieuse et ne se positionne pas directement sur le marché mondial cyber.

Est-ce un défaut stratégique ? Comment décrire le monde de la cybersécurité en France ? Quels sont les défis qui attendent les start-ups françaises de ce domaine ? C’est à ces questions que les intervenants de la table ronde sur le financement de la cybersécurité en France, ont tenté d’apporter des éléments de réponse.

Comment décrire le paysage des entreprises cyber dans l’Hexagone ?

Un chiffre concernant l’éclosion de start-up cybersécurité en Israël est parlant : Tel-Aviv crée et soutient une cinquantaine de nouvelles entreprises chaque année. Pour leur part, les investisseurs nord-américains injectent des fonds importants dans le secteur cyber et son développement mondial.

Face à ce quasi-monopole de la part de deux états, quelle place peut avoir la France, alors que le secteur de la cybersécurité est plus timide dans l’Hexagone ? Que font Israël et les États-Unis pour avoir des champions spécialisés en cybersécurité ? Au-delà de la question culturelle qui pousse les entrepreneurs américains ou israéliens, quels sont les leviers à activer en France ?

Pour éviter les complexes d’infériorité, peu importe si l’on définit une stratégie locale ou internationale, il faut la concevoir dès le démarrage de l’activité cyber. Aucune option n’est meilleure qu’une autre. Avec un objectif clair, l’investissement financier pourrait être massif et l’idée de soutenir une start-up serait plus séduisante pour les investisseurs. Cette table ronde sur la cybersécurité française a aussi permis de dresser le portrait des start-ups du secteur en France.

Caractéristiques de la start-up hexagonale implantée en cybersécurité

En cinq ans, les entrepreneurs français qui opèrent en sécurité informatique et technologique se sont rodés, les équipes se sont structurées. Autant de signaux positifs qui présagent de perspectives florissantes pour les investisseurs. Si ces derniers prennent au sérieux le potentiel d’une entreprise naissante, ils peuvent même lui donner des moyens très importants pour se développer.

La cybersécurité française est dynamique, en phase d’accélération et prometteuse, mais elle demeure fragile car toujours en construction. Les investisseurs courageux ou intuitifs qui mettent des fonds sur la cybersécurité espèrent que leur action fera « boule de neige ».
Le cyber devient de plus en plus attractif : le secteur s’envole après cinq ans avec quasiment zéro investissement.

Les financeurs ont raison d’investir en cybersécurité

Financer des jeunes pousses autour des nouvelles technologies pourrait s’avérer payant pour tout le monde. La réussite est au rendez-vous pour chaque acteur du secteur si le couple technologies/marchés fonctionne bien. Donner des moyens à des start-ups des nouvelles technologies, c’est aussi les financer afin qu’elles ne se vendent pas trop vite.

Au fil des ans, les investisseurs sont de plus en plus crédibles dans leurs argumentaires pour convaincre d’injecter des fonds. L’effet de mode est une raison : le domaine de la cyber peut promettre une forte crois-sance.

Dans un contexte de cyber-attaques de plus en plus fréquentes, les solutions de restauration des systèmes impactés coûtent cher. Pour parer ces dépenses, les budgets s’ouvrent. En outre, tester de nouvelles technologies permet de dénicher des talents, des entreprises qui pourraient générer des revenus. Les responsables du financement en cybersécurité doivent juste s’assurer que la start-up développe un produit peu intrusif, qui s’ajoute à des écosystèmes existants.

Si la dynamique se poursuit, cet accompagnement pécuniaire de projet de sécurité informatique permettrait de soutenir un nombre croissant d’entreprises françaises. Deux conséquences pour ces structures :

  • Une capacité à s’imposer au milieu des leaders du secteur, encore localisés en Amérique du Nord ou en Israël ;
  • Un renforcement des acteurs français dans le rachat de structures étrangères, des options qui sont encore inenvisageables à l’heure actuelle.

Forts de tous ces paramètres, les investisseurs se sont fixé comme axe 2019 d’accompagner les équipes des entreprises technologiques, afin que financiers et opérateurs de cybersécurité gagnent en crédibilité sur les marchés nationaux et internationaux.

Intervenants : Sébastien Montusclat, responsable sectoriel numérique/BPI France, Patrick Ragaru, président Hackuity, Jonathan Userovici, Investment manager, Idinvest partners.
Modérateur : Emmanuel Gras, CEO, Alsid.